La semaine dit une chose simple : la responsabilité ne suit pas toujours la technique. Un chercheur a démonté le petit script que ChatGPT propose à ses annonceurs, et la conformité de ce script, c'est vous qui la portez, pas OpenAI. WordPress a corrigé une deuxième faille grave en cinq jours, sur une version que vous venez d'installer. Un service de courrier recommandé français s'est éteint du jour au lendemain, pendant que de faux recommandés circulaient à son nom. Et le prix de l'IA a encore baissé de moitié, ce qui change surtout ce que vous pouvez demander à votre prestataire.
Le résumé en 30 secondes
- Le script de mesure fourni aux annonceurs de ChatGPT collecte par défaut, avant tout consentement. Si vous l'avez posé sur votre site, la conformité RGPD est à votre charge, pas à celle d'OpenAI.
- WordPress 7.1.2, publié le 22 septembre, corrige une faille différente de celle de la semaine dernière. Elle touche toutes les versions de 4.7.0 à 7.1.1. Il faut remettre à jour.
- Maileva, le service de recommandés électroniques de La Poste, a coupé son service le 23 septembre après une cyberattaque. Au même moment, de faux recommandés circulent à son nom.
- Claude et ChatGPT ont sorti des modèles 20 à 50 % moins chers le même jour. Le modèle gratuit de ChatGPT a changé : c'est désormais GPT-6 Luna.
- Google Meet résume désormais une réunion en une page, en français, inclus dans des forfaits que beaucoup de TPE paient déjà.
ACTU 01
Le mouchard que vous installez vous-même : le pixel publicitaire de ChatGPT
Petit rappel, parce que nous en avons déjà parlé deux fois. La publicité est entrée dans ChatGPT en France le 18 août 2026, sur les formules gratuite et Go. Depuis le 31 août 2026, n'importe quelle entreprise française peut acheter ces publicités en libre-service, sans minimum de dépense — un seuil de 200 000 dollars américains, puis de 50 000 dollars américains, avait existé avant d'être supprimé.
Ce qui est nouveau cette semaine, ce n'est pas la publicité. C'est ce qu'on sait désormais de l'outil de mesure qui va avec. Un chercheur publiant sous le nom de Buchodi a démonté son fonctionnement dans un article mis en ligne le week-end du 19-20 septembre, largement relayé entre le 21 et le 23 septembre, notamment par la presse technique française.
De quoi parle-t-on ? Quand vous achetez de la publicité, vous voulez savoir laquelle vous rapporte des clients. Pour cela, la régie vous demande d'installer un petit script sur votre propre site : c'est ce qu'on appelle un pixel. Le principe existe chez Meta et chez Google depuis des années. OpenAI a le sien, chargé depuis bzrcdn.openai.com sous le nom de fichier oaiq.min.js, à placer dans l'en-tête de votre site.
Voici ce que dit la documentation technique publiée par OpenAI elle-même. Le script dépose deux cookies sur votre site : __oppref, l'identifiant du clic publicitaire, pendant 30 jours, et __obref, une référence de navigateur, pendant 365 jours. Un troisième cookie, __obi, est déposé sur le domaine openai.com, avec une durée de vie pouvant aller jusqu'à un an, et les données remontent vers un collecteur nommé bzr.openai.com.
Deux détails pèsent lourd. Le premier : dans la documentation du pixel, le consentement est initialisé à « vrai » par défaut. Autrement dit, le script collecte tant que votre site ne lui a pas explicitement dit de s'arrêter. Le second : OpenAI classe le cookie __obi en catégorie « analytics » — mesure d'audience — dans sa propre politique de cookies, alors qu'il sert à de l'attribution publicitaire. C'est précisément le cœur de la critique : un visiteur qui refuse le marketing mais accepte les statistiques peut être suivi quand même.
Si l'annonceur active en plus l'option dite de correspondance avancée, le pixel transmet l'adresse e-mail, le téléphone et le nom du visiteur sous forme hachée, et en clair : pays, région, ville, code postal, chemin de la page visitée, et les événements de conversion avec leur montant et leur devise.
Trois précisions d'honnêteté. Les publicités personnalisées ne sont pas activées dans l'Espace économique européen : en France, les publicités de ChatGPT restent contextuelles, calées sur la conversation en cours. En revanche, nous n'avons trouvé aucune déclaration d'OpenAI excluant le pixel de mesure du territoire européen, ni aucune documentation d'OpenAI consacrée à la conformité RGPD des annonceurs. Et à notre connaissance, aucune autorité de protection des données, CNIL comprise, n'avait réagi publiquement à ce sujet au 27 septembre 2026.
Parce que la responsabilité juridique ne se trouve pas là où on l'imagine. Le script est écrit par OpenAI, hébergé par OpenAI, et les données partent chez OpenAI. Mais il est posé sur votre site, et devant la loi française, c'est vous qui répondez de ce que votre site dépose dans le navigateur de vos visiteurs.
Un cookie de suivi publicitaire exige un consentement préalable et explicite. « Préalable » veut dire avant le chargement du script, pas après. Un pixel dont le consentement est initialisé à vrai par défaut, branché sans précaution, collecte donc avant tout accord — et ce n'est pas OpenAI qui recevra la mise en demeure.
Le point de la catégorisation mérite qu'on s'y arrête, parce qu'il est piégeux. Dans un bandeau cookies, la mesure d'audience bénéficie parfois d'un régime allégé. La publicité, jamais. Un outil qui sert à attribuer une vente à une publicité est un outil publicitaire, quel que soit le mot employé par celui qui le fournit. Si votre prestataire l'a rangé dans la catégorie « statistiques » parce que c'est ce que disait la documentation, le classement est à revoir.
Il y a enfin une question qu'on ne peut pas trancher ici, et que nous signalons plutôt que de la masquer : celle de savoir si l'annonceur devient responsable conjoint du traitement avec OpenAI, comme la Cour de justice de l'Union européenne l'a jugé pour les boutons sociaux. Des commentateurs le soutiennent, aucune décision ne le dit à ce jour sur ce pixel précis. Si vous faites de la publicité dans ChatGPT à une échelle sérieuse, c'est une question pour votre conseil.
La leçon générale dépasse OpenAI. Chaque script de mesure que vous ajoutez à votre site est une dette de conformité que vous contractez à la place de celui qui vous l'a fourni. C'est vrai du pixel de Meta, de celui de Google, et c'est désormais vrai de celui d'OpenAI.
- Si vous n'achetez pas de publicité dans ChatGPT, vous n'êtes pas concerné. Passez à la suite — mais vérifiez quand même, une agence a pu l'installer pour vous.
- Si vous en achetez : demandez à qui gère votre site si le script oaiq.min.js y est présent. C'est une question d'une ligne, la réponse tient en deux minutes.
- S'il est présent, exigez trois choses : qu'il ne se charge qu'après acceptation du bandeau cookies, qu'il soit rangé en catégorie publicité et non en mesure d'audience, et que les pages sensibles — santé, finances, contentieux — en soient exclues.
- Mettez à jour votre politique de confidentialité et votre registre des traitements : les deux cookies posés sur votre site, leurs durées de 30 et 365 jours, et la finalité publicitaire doivent y figurer.
- Profitez-en pour faire l'inventaire complet des scripts de suivi de votre site. La plupart des TPE en ont trois ou quatre qu'elles ne savent pas nommer.
Sources : Documentation technique du pixel de mesure, OpenAI · Politique de cookies d'OpenAI · CyberInsider, 23 septembre 2026 · Korben, 21 septembre 2026 · Blog du Modérateur, 1er septembre 2026
ACTU 02
Deuxième faille critique de WordPress en cinq jours : celle-ci donne la main sur le site
Nous écrivions la semaine dernière qu'il fallait passer WordPress en version 7.1.1. C'est toujours vrai, mais ce n'est plus suffisant. Le 22 septembre 2026, WordPress a publié la version 7.1.2, qui corrige une vulnérabilité différente de celle de la semaine précédente.
La faille porte la référence CVE-2026-87902. En français courant : une fonction interne de WordPress, get_page_template(), pouvait être amenée à charger un fichier du serveur qu'elle n'aurait pas dû charger, sans qu'aucune identification soit nécessaire. On appelle cela une inclusion de fichier local. Dans certaines conditions, cela permet de faire exécuter du code au serveur — c'est-à-dire, en pratique, de prendre la main sur le site.
Toutes les versions de WordPress de la 4.7.0 à la 7.1.1 incluse sont concernées. Y compris, donc, celle que vous avez installée la semaine dernière en suivant notre conseil. Le CERT-FR, service de l'État chargé des alertes de sécurité, a publié son avis CERTFR-2026-AVI-1216 le 23 septembre 2026.
Deux réserves, comme toujours. Un score de gravité de 9,2 sur 10 circule largement dans la presse spécialisée, mais nous n'avons pas pu identifier avec certitude l'organisme qui l'a attribué ; nous le citons donc avec cette réserve. Et sur l'exploitation réelle : l'éditeur de sécurité Patchstack rapporte des tentatives dès le 22 septembre, le jour même de la publication du correctif. C'est une observation d'éditeur privé, pas un décompte officiel, et une autre publication affirmait à une date antérieure n'avoir constaté aucune attaque.
Le fait marquant n'est pas la faille elle-même, c'est le rythme. Deux correctifs de sécurité majeurs en cinq jours sur le logiciel qui fait tourner le site vitrine de la plupart des artisans et des commerçants français. Ce n'est pas normal, et cela dit quelque chose de l'époque : les vulnérabilités du cœur de WordPress sont désormais cherchées, trouvées et exploitées très vite.
Le délai entre la publication d'un correctif et les premières tentatives d'exploitation est en train de tomber à zéro. C'est mécanique : publier un correctif, c'est publier la description du problème. Les attaquants lisent les mêmes annonces que vous, et ils vont plus vite.
La conséquence pratique est simple et un peu désagréable. La mise à jour ponctuelle, faite quand on y pense ou quand on lit un article, ne suffit plus. Ce qui protège, c'est la mise à jour automatique des versions mineures, activée une fois pour toutes. WordPress le propose nativement, beaucoup d'hébergeurs le font par défaut, et pourtant un grand nombre de sites de TPE ont cette option désactivée — souvent parce qu'une extension a mal supporté une mise à jour il y a trois ans.
Un mot sur le raisonnement « mon site n'intéresse personne ». Il est faux depuis longtemps. Un site piraté ne sert pas à voler vos données : il sert à envoyer du spam, à héberger des pages frauduleuses, ou à piéger vos propres visiteurs. La cible n'est pas vous, c'est votre nom de domaine et la confiance qu'il inspire.
- Ouvrez l'administration de votre site aujourd'hui et vérifiez que vous êtes en 7.1.2 au minimum. La 7.1.1 ne suffit pas.
- Si vous avez un prestataire ou une agence, écrivez-lui une phrase : « Sommes-nous en WordPress 7.1.2 ? » Demandez une réponse, pas une intention.
- Pendant que vous y êtes, activez les mises à jour automatiques des versions mineures. C'est la seule mesure qui vous dispensera de relire nos alertes chaque semaine.
- Demandez aussi à votre hébergeur la version de PHP utilisée par votre site : le CERT-FR a publié un avis distinct le 24 septembre sur ce sujet (voir nos brèves).
- Si votre site a un comportement anormal depuis le 22 septembre — pages inconnues, redirections, lenteurs, comptes administrateur que vous ne reconnaissez pas — traitez-le comme potentiellement compromis et faites-le examiner.
Sources : WordPress.org, 22 septembre 2026 · CERT-FR, avis CERTFR-2026-AVI-1216, 23 septembre 2026 · Help Net Security, 23 septembre 2026
ACTU 03
Le recommandé électronique s'arrête, et de faux recommandés circulent
Deux faits distincts, la même semaine, et il faut résister à la tentation de les relier.
Premier fait. Le 23 septembre 2026 vers 7 heures, Maileva — filiale de La Poste, service d'envoi de courriers et de lettres recommandées électroniques très utilisé par les PME pour leurs relances, mises en demeure et résiliations — a détecté des tentatives d'accès non autorisées à des comptes clients. L'objectif apparent des attaquants était de déclencher des envois de courriers à l'insu des titulaires des comptes. Maileva a coupé son service par précaution.
L'entreprise déclare n'avoir identifié aucun courrier envoyé frauduleusement ni aucune fuite de données personnelles à ce stade, et a déposé plainte. Ni le nombre de comptes visés, ni la date de reprise du service n'ont été communiqués. Au 27 septembre, les sources les plus récentes que nous ayons trouvées décrivent toujours une interruption en cours ; nous n'avons trouvé aucune annonce datée de rétablissement.
Second fait. Le 24 septembre 2026, le bulletin de Signal-Arnaques signale une campagne de faux courriers recommandés électroniques usurpant l'identité de Maileva, annonçant au destinataire un virement de 19 895 euros au profit d'un cabinet fictif nommé « DUPRAT & ASSOCIÉS ». Le même bulletin signale une seconde campagne visant les professionnels : de faux e-mails de renouvellement d'abonnement de 69,99 euros, au nom de sociétés qui n'existent pas — « PrimeFrais », « PriFacture », « FACTUPRI », « Primes Family ».
Aucune source n'établit de lien entre ces deux faits. Signal-Arnaques précise que le mécanisme d'envoi des faux recommandés n'est pas déterminé et que Maileva n'en est pas l'expéditeur réel. Nous les rapprochons parce qu'ils tombent la même semaine et produisent la même confusion chez le destinataire, pas parce qu'ils auraient une cause commune.
Le recommandé électronique occupe une place particulière : c'est l'objet auquel on est censé faire confiance. Il a une valeur juridique, il sert à prouver, il arrive dans un contexte où l'on s'attend à du sérieux. C'est exactement ce qui en fait un si bon costume pour une arnaque.
Regardez le scénario du faux recommandé : on ne vous demande pas de payer, on vous annonce qu'on va vous verser 19 895 euros. C'est plus habile qu'une fausse facture, parce que la vigilance d'un dirigeant se déclenche sur la dépense, rarement sur la recette. La suite, selon les schémas habituels, consiste à demander un justificatif, un relevé d'identité bancaire, ou des frais de dossier.
Le second enseignement concerne la dépendance. Une TPE qui a construit sa procédure de relance impayés autour d'un seul service découvre en une matinée qu'elle n'a plus de procédure. Il n'y a pas de reproche à faire ici : l'attaque vient du prestataire, pas de vous. Mais il y a une question à se poser, et c'est la même que la semaine dernière à propos d'un autre incident : si cet outil s'arrête trois semaines, que fait-on ? Pour un recommandé, la réponse existe et elle est simple — le recommandé papier fonctionne toujours, et la lettre recommandée électronique reste proposée par d'autres opérateurs qualifiés.
Enfin, le moment est propice à la confusion, et les escrocs le savent. Un client qui a appris qu'un service de recommandés a été attaqué sera moins surpris de recevoir un message étrange à son sujet. C'est le genre de fenêtre qu'il faut fermer par une consigne claire, pas par de la vigilance individuelle.
- Si vous utilisez Maileva : vérifiez l'historique des envois de votre compte dès que le service est rétabli, changez le mot de passe, et activez la double authentification si elle est proposée.
- Donnez une consigne écrite à qui reçoit le courrier et les factures : tout courrier recommandé électronique inattendu se vérifie en se connectant soi-même à l'espace client, par une adresse tapée à la main, jamais par le lien du message.
- Rappelez la règle du rappel téléphonique : aucun changement de coordonnées bancaires, aucun virement sortant inhabituel sans un appel au numéro que vous avez déjà en base — jamais celui indiqué dans le message.
- Méfiez-vous des bonnes nouvelles autant que des mauvaises. Un message qui vous annonce de l'argent est une arnaque aussi souvent qu'un message qui vous en réclame.
- Écrivez en trois lignes ce que vous faites si votre outil d'envoi juridique s'arrête une semaine. Le recommandé papier reste une réponse valable, à condition d'y avoir pensé avant.
Sources : Cyberattaque.org, incident du 23 septembre 2026 · LeMagIT, Cyberhebdo du 25 septembre 2026 · Signal-Arnaques, bulletin du 24 septembre 2026
ACTU 04
Le même jour, les deux principaux fournisseurs d'IA ont baissé leurs prix
Le 22 septembre 2026, à quelques heures d'intervalle, Anthropic a publié Claude Opus 5.5 et OpenAI a répondu avec deux modèles, GPT-6 Sol et GPT-6 Luna. Les trois sont moins chers que ce qu'ils remplacent.
Les chiffres, pour ceux que cela intéresse. Ils s'expriment par million de « tokens », l'unité de facturation de ces outils — un token vaut à peu près trois quarts de mot. Claude Opus 5.5 passe à 4 dollars américains par million de tokens en entrée et 20 dollars américains en sortie, contre 5 et 25 dollars américains pour Claude Opus 5 : une baisse de 20 % sur le tarif unitaire. Anthropic communique de son côté sur « 40 % moins cher à faire tourner », un chiffre qui combine cette baisse tarifaire et le fait que le modèle consomme moins de tokens à travail égal. Les deux affirmations sont exactes, elles ne mesurent simplement pas la même chose.
Côté OpenAI, GPT-6 Sol est à 2 et 10 dollars américains par million de tokens, GPT-6 Luna à 0,10 et 0,50 dollar américain — soit 50 % de moins que la génération GPT-5.6.
Le point qui concerne le plus de monde n'est pas là. GPT-6 Luna est accessible aux utilisateurs des formules gratuite et Go, dans l'application de bureau, depuis le 22 septembre. GPT-6 Sol reste réservé aux formules payantes et à l'interface développeur. Du côté d'Anthropic, les limites d'usage des forfaits Pro, Max, Team et Entreprise ont été relevées ; aucun pourcentage officiel n'a été publié — une estimation d'environ 25 % circule, elle est le calcul d'un média, pas une annonce d'Anthropic, et nous ne la reprenons pas à notre compte.
Sur la disponibilité en France : les annonces ne mentionnent aucune restriction européenne et la presse française a couvert les deux lancements le jour même. Nous n'avons trouvé aucune confirmation explicite pour l'Union européenne, et nous préférons le dire.
Disons-le franchement : si vous utilisez ChatGPT ou Claude par leur site web, ces tarifs ne vous concernent pas directement. Vous payez un abonnement mensuel, pas des tokens. Deux choses vous concernent quand même, et elles valent le détour.
La première : votre version gratuite vient de changer de moteur. Un dirigeant qui a testé ChatGPT gratuitement il y a six mois, trouvé le résultat médiocre et abandonné, n'a pas testé le même outil que celui qui tourne aujourd'hui. C'est une raison suffisante pour refaire l'essai avant de conclure que « ça ne marche pas pour mon métier ».
La seconde est plus concrète. Si vous avez fait développer un outil qui appelle l'IA — un robot de réponse aux demandes entrantes, un outil de résumé de documents, une aide à la rédaction de devis — ce que ce développement vous coûte chaque mois vient de baisser de 20 à 50 %. Ce n'est pas automatique : il faut que votre prestataire change le nom du modèle dans sa configuration, ce qui prend quelques minutes. C'est le moment de lui poser la question.
Le mouvement de fond mérite d'être nommé, parce qu'il change les arbitrages. Le prix d'un traitement par IA a été divisé par un facteur considérable en deux ans. Des automatisations qui n'étaient pas rentables en 2024 — relire chaque e-mail entrant, résumer tous les comptes rendus, classer des milliers de documents — le deviennent. La question « est-ce que ça vaut le coût » cède peu à peu la place à « est-ce que ça vaut le coup », qui est une question d'organisation, pas de facture.
Une réserve pour finir. Une baisse de prix n'est pas une baisse de risque. Un outil moins cher qui se trompe coûte toujours aussi cher quand il se trompe, et le fait qu'un traitement soit devenu négligeable à l'unité incite à en lancer beaucoup, donc à en relire moins. La vigilance reste au même endroit.
- Si vous aviez essayé ChatGPT gratuitement et abandonné : refaites un essai d'une heure sur une tâche réelle. Le modèle derrière la formule gratuite n'est plus le même.
- Si un prestataire vous a développé un outil branché sur l'IA : écrivez-lui aujourd'hui pour lui demander de passer aux nouveaux modèles et de vous chiffrer l'économie mensuelle. Comptez quelques minutes de travail de sa part.
- Si vous payez un abonnement Claude : vos limites d'usage ont été relevées. Vous n'avez rien à faire, mais si vous butiez régulièrement sur le plafond, la contrainte s'est desserrée.
- Ne changez pas de fournisseur pour quelques dollars. À cette échelle, l'écart de tarif entre les principaux acteurs pèse beaucoup moins que le temps passé à tout reconfigurer.
- Reprenez la liste des tâches répétitives que vous aviez écartées parce que « ça coûterait trop cher ». Une partie est devenue défendable.
Sources : OpenAI, 22 septembre 2026 · TechCrunch, 22 septembre 2026 · SiliconANGLE, 22 septembre 2026
ACTU 05
Google Meet résume maintenant une réunion en une page, en français
Le 22 septembre 2026, Google a ajouté une fonction nommée « Quick notes » à la prise de notes automatique de Google Meet, connue en français sous le nom de « Prendre des notes à ma place ».
Le principe tient en une phrase. Jusqu'ici, l'outil produisait un compte rendu complet, fidèle mais long — le genre de document qu'on se promet de relire et qu'on ne relit pas. Désormais, un résumé d'une page au maximum, centré sur les décisions prises et les actions à mener, devient l'onglet affiché par défaut. Le compte rendu détaillé reste accessible dans un second onglet.
Deux points pratiques, et ils comptent plus que la fonction elle-même. La prise de notes automatique de Google Meet fonctionne en français — la documentation de Google liste l'anglais, le français, l'allemand, l'italien, le japonais, le coréen, le portugais et l'espagnol, avec une seule langue à la fois par réunion. Et nous n'avons identifié aucune restriction européenne sur cette fonction.
Côté forfaits, c'est inclus sans surcoût dans Business Standard, Business Plus, Enterprise Standard, Enterprise Plus, Frontline Plus, Google AI Pro, Google AI Ultra et Google AI Pro for Education. Le déploiement est annoncé comme déjà effectif, pour les domaines en publication rapide comme en publication programmée.
Signalons au passage ce qui ne marche pas chez nous. Le même jour, Google a étendu aux comptes Workspace ses « study notebooks » dans Gemini, en précisant que la fonction n'est pas disponible dans l'Espace économique européen et y arrivera « dans les semaines à venir », sans date. Si vous ne la voyez pas, votre configuration n'est pas en cause.
C'est l'actualité la plus modeste de la semaine et probablement celle qui vous fera gagner du temps dès mardi, sans acheter quoi que ce soit.
Le compte rendu de réunion est l'un de ces travaux que personne ne revendique et que tout le monde subit. Dans une entreprise de dix personnes, il est fait à moitié, tard, par celui qui a le moins de temps, et il sert rarement. Ce que change un résumé d'une page, ce n'est pas la qualité de la transcription — elle existait déjà — c'est le format. Une page, on la lit. Douze pages, on les archive.
Il y a un second effet, moins visible. Un relevé de décisions écrit noir sur blanc, envoyé à tous après la réunion, règle une bonne part des malentendus ordinaires : qui devait faire quoi, et pour quand. Beaucoup de petites entreprises n'ont jamais eu ce document parce que le produire coûtait trop de temps. Le coût vient de tomber à zéro.
Trois réserves d'usage, parce qu'il ne faut pas s'emballer. Un résumé automatique se relit : il se trompe sur les noms propres, sur les chiffres dictés à l'oral, et il peut attribuer une décision à la mauvaise personne. Il ne dispense pas d'informer les participants que la réunion est traitée par un outil automatique — c'est une politesse, et depuis le 2 août 2026 l'obligation de transparence du règlement européen sur l'IA pèse sur celui qui déploie l'outil, c'est-à-dire sur vous. Enfin, ne faites pas résumer automatiquement une réunion sensible : entretien individuel, litige, données de santé, négociation. Le bon réflexe est de décider d'avance quelles réunions sont enregistrées et lesquelles ne le sont pas.
- Si vous êtes sur Google Workspace en Business Standard ou au-dessus, la fonction est déjà là. Essayez-la sur votre prochaine réunion d'équipe, sans rien configurer.
- Vérifiez que la langue de la réunion est bien réglée sur le français : l'outil ne traite qu'une langue à la fois.
- Prenez trente secondes pour relire le résumé avant de l'envoyer. Les erreurs typiques portent sur les noms et les montants.
- Dites-le aux participants en début de réunion, en une phrase. C'est une obligation de transparence depuis le 2 août 2026, et cela évite les mauvaises surprises.
- Décidez maintenant, une fois pour toutes, quelles réunions ne sont jamais traitées par un outil automatique : entretiens individuels, sujets disciplinaires, dossiers sensibles.
- Autre nouveauté utile du même lot : Google Sheets permet depuis le 21 septembre de passer un tableur en calcul manuel (Fichier > Paramètres > Paramètres de calcul), ce qui débloque les gros fichiers de gestion devenus lents. Désactivé par défaut.
Sources : Google Workspace Updates, 22 septembre 2026 · Aide Google Meet, langues prises en charge · Google Workspace Updates, 21 septembre 2026
Aussi cette semaine, en bref
- Deux avis du CERT-FR le même jour, et les deux vous concernent. Le 24 septembre, le CERT-FR a publié l'avis CERTFR-2026-AVI-1227 sur de multiples vulnérabilités de PHP — le langage qui fait tourner la quasi-totalité des sites de petites entreprises, WordPress et PrestaShop compris — affectant les versions antérieures à 8.2.34, 8.3.35, 8.4.26 et 8.5.11. Le même jour, l'avis CERTFR-2026-AVI-1224 signale une vulnérabilité d'exécution de code à distance (CVE-2026-70125) dans Microsoft 365 Apps for Enterprise et Office LTSC 2021 et 2024. Pour PHP, la mise à jour est en général du ressort de l'hébergeur : posez-lui la question. Pour Office, vérifiez simplement que les mises à jour automatiques sont actives sur tous les postes. Avis PHP · Avis Microsoft
- Deux campagnes distinctes de piégeage par copier-coller, dont une où la France est le 6e pays touché. Le 21 septembre, The Hacker News a décrit une campagne diffusant plusieurs logiciels voleurs de données et un outil de prise de contrôle à distance nommé ChainScript RAT, par de faux installateurs de logiciels connus (Spotify, Zoom, Teams) et des publicités compromises. Selon l'éditeur de sécurité Seqrite Labs — il s'agit d'un classement d'éditeur, pas d'un chiffre officiel — la France est le sixième pays le plus touché par l'un de ces logiciels sur Mac. Le 24 septembre, un article distinct décrit une autre campagne, sur des sites ukrainiens compromis affichant de fausses pages de vérification, avec un autre logiciel malveillant et sans lien avec la précédente. Même conclusion dans les deux cas : on ne télécharge un logiciel que depuis le site de son éditeur, et aucune page web légitime ne demande de coller une commande dans son ordinateur. Source
- Règlement européen sur l'IA : en France, toujours rien, et nous corrigeons une de nos formulations. Nous écrivions il y a deux semaines que rien ne bougerait en France avant le 1er octobre 2026. Vérification faite, aucune source officielle ne confirme une échéance au 1er octobre : nous retirons cette date. L'état réel au 27 septembre est le suivant. Le projet de loi « Ddadue », qui doit désigner l'autorité française de surveillance et fixer le régime de sanctions national, a été adopté par le Sénat le 18 février 2026 et déposé à l'Assemblée nationale le 20 février ; il n'a toujours pas été examiné en séance publique. Aucune autorité française n'a été désignée par un texte publié au Journal officiel. Cela ne change rien à vos obligations : les règles européennes de transparence de l'article 50 s'appliquent directement depuis le 2 août 2026, et elles pèsent sur le déployeur — c'est-à-dire sur vous dès que vous utilisez un outil d'IA, même sans l'avoir développé. Prochaine échéance réelle : le 2 décembre 2026. Dossier législatif, Assemblée nationale
- Mistral AI rachète une jeune pousse parisienne de publicité générée par IA. Annoncé le 22 septembre : Mistral AI reprend Pimento, spécialisée dans la production de campagnes publicitaires par IA pour l'e-commerce, la cosmétique et l'agroalimentaire. C'est la troisième acquisition de Mistral en 2026, après Koyeb et Emmi AI. Le montant d'environ 3,8 millions d'euros est une estimation de presse, non confirmée officiellement — Mistral n'a pas communiqué. Rien ne change aujourd'hui pour un utilisateur français de l'assistant de Mistral, mais la direction est nette : l'acteur européen se positionne sur des usages marketing plutôt que sur la seule recherche. Source
- Deux réglages nouveaux dans ChatGPT, à connaître si vous l'utilisez au travail. Le 21 septembre, OpenAI a regroupé dans un « centre de confidentialité » les réglages jusqu'ici dispersés : conversations, mémoire, personnalisation, usage des données, applications connectées. Le 25 septembre, un historique de sécurité du compte est apparu, qui liste les connexions et les changements d'authentification à deux facteurs. Rien de spectaculaire, mais ce sont les deux écrans à ouvrir si vous partagez un compte ChatGPT dans l'entreprise — et le premier est le bon endroit pour vérifier ce que vos conversations professionnelles alimentent. Notes de version ChatGPT
À faire cette semaine
Trois actions concrètes, tirées de ce qui précède. Comptez une demi-journée au total.
- Repassez WordPress en 7.1.2, aujourd'hui, même si vous l'avez mis à jour la semaine dernière. La 7.1.1 ne corrige pas cette faille-là. Dans la foulée, activez les mises à jour automatiques des versions mineures — c'est la seule mesure qui tienne dans la durée — et demandez à votre hébergeur si votre version de PHP est à jour. Trois demandes, un seul e-mail.
- Faites l'inventaire des scripts de suivi de votre site. Demandez la liste complète à qui le gère, et pour chaque ligne : à quoi ça sert, quels cookies ça dépose, et est-ce que ça attend le consentement. Si vous achetez de la publicité dans ChatGPT, le pixel d'OpenAI doit être rangé en catégorie publicité, se charger après acceptation seulement, et figurer dans votre politique de confidentialité. La responsabilité est la vôtre, pas celle du fournisseur du script.
- Donnez une consigne écrite sur les courriers et factures inattendus. Une phrase suffit : tout recommandé électronique, toute facture, tout changement de coordonnées bancaires se vérifie par un canal indépendant — l'espace client auquel on se connecte soi-même, ou un appel au numéro déjà en base. Ajoutez-y la règle qui vaut pour tout : aucune commande copiée depuis une page web ne se colle dans un ordinateur, jamais, quelle que soit la marque affichée.
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